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Afrique/Télécommunications : Vers le développement des stratégies stables pour l’évolution du secteur numérique

Les participants au sommet de la cybersécurité, tenu le 24 mars à Lomé au Togo, ont fait plusieurs recommandations, entre autres le développement des stratégies et politiques de cybersécurité et de lutte contre la cybercriminalité qui soient stables, prospectives et adaptées aux contextes et aux évolutions du secteur de l’économie numérique.

Ces recommandations ont été faites lors du 1er sommet de la cybersécurité, organisé du 23 au 24 mars par le Togo et la Commission économique des Nations unies (Cea) pour l’Afrique, sur le thème «Comment placer les enjeux de la cybersécurité au cœur des politiques publiques en Afrique».

Ce sommet s’est tenu sous le patronage du Président de la république du Togo, M. Faure Essozimna Gnassingbe. Il a eu pour but de souligner la nécessité d’une coopération internationale en la manière, en vue de faire de la cybersécurité une priorité absolue des Etats africains.

Parmi les stratégies à développer, figurent la mise en place des actions de sensibilisation aux risques relatifs à l’usage du numérique auprès des populations, notamment les catégories les plus vulnérables, des entreprises et des administrations ; la mise en place des formations universitaires et professionnelles pour lutter contre la pénurie de la main d’œuvre en cybersécurité et assurer la formation de l’ensemble des acteurs des écosystèmes numériques.

Il s’agit également de développer des mesures incitatives en faveur des entrepreneurs du secteur sur le plan financier et fiscal, afin de favoriser l’émergence des acteurs africains de la cybersécurité et le développement des partenariats publics-privés dans la mise en place des écosystèmes de cybersécurité, en vue d’avoir des modèles économiques viables et efficaces.

Outre ces stratégies, les participants se sont engagés à renforcer la coopération africaine en matière de cybersécurité et de lutte contre la cybercriminalité, en encourageant la signature et la ratification de la Convention de l’Union africaine (Ua) sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel de 2014 par l’ensemble des Etats africains, en promouvant auprès des autres membres de l’Ua la création d’un organe de coopération régionale et d’assistance mutuelle en matière de cybersécurité et de cybercriminalité.

Il s’agit aussi de multiplier les initiatives régionales et internationales pouvant permettre aux autorités et aux agences du secteur compétentes en matière de cybersécurité de renforcer leurs capacités, notamment à travers la mise en place des formations et le partage de leurs expériences respectives.

Par ailleurs, ils ont demandé d’établir un cadre susceptible de permettre de lutter efficacement contre la cybercriminalité, notamment la création et l’opérationnalisation des autorités, agences et équipes dédiées à la cybersécurité et, le cas échéant, le renforcement de leurs moyens humains, financiers, techniques et organisationnels.

Cette lutte sera soutenue par la mise en place des structures de gouvernance permettant l’association d’experts interdisciplinaires (économiques, diplomatiques, militaires, universitaires, juridiques) aux prises de décisions en matière de cybersécurité et de cybercriminalité.

Elle sera également possible grâce à la mise en place d’équipes dédiées au recensement et à la coordination des incidents de cybersécurité, tels que des Security information and event management (Siem), Security operations center (Soc) et les réponses à apporter aux incidents de cybersécurité, comme des Computer security incident response team (Csirt) et des Computer emergency response team (Cert).

Au cours d’une interview, le ministre en charge des Télécommunications, M. Léon Juste Ibombo, a souligné l’importance d’avoir une vue d’ensemble et de mettre en avant la lutte contre la cybersécurité pour protéger les systèmes d’information.

Dans cette optique, il a souligné la nécessité de mettre en œuvre la Convention de l’Ua sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel, pour lutter de manière efficiente contre la délinquance en ligne.

Selon lui, ce sommet de la cybersécurité a eu aussi pour objectif de rappeler aux dirigeants africains de faire attention avec la gouvernance électronique, en vue de mettre en place des systèmes d’alerte, en collaboration entre les Etats et les gouvernants.

La rencontre de Lomé a réuni plus de 700 participants venus de 28 pays, dont 17 ministres et trois chefs d’Etat.